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Quels premiers enseignements tirés d’un bâtiment démonstrateur sociotechnique de la performance énergétique ?

Nous avions précédemment abordé la définition d’un bâtiment démonstrateur dans cet article.

Après plusieurs mois d’occupation, ce nouvel article interroge les premiers enseignements que l’on peut tirer d’un bâtiment démonstrateur sociotechnique de la performance énergétique.

Implanté au coeur du campus de l’Université Catholique de Lille, construit en plusieurs étapes depuis 1951 et rénové entre 2016 et 2018, le bâtiment du Rizomm est intelligent, peu énergivore, producteur et autoconsommateur d’électricité.

Suite à d’importants travaux de rénovation, ce bâtiment d’enseignement et de recherche de 6 500 m² porté par les Facultés de l’Université Catholique de Lille cumule les atouts de l’efficacité énergétique : brise-soleil en terre cuite, stores et volets roulants extérieurs limitant les apports thermiques, système de ventilation avec récupération d’énergie ; LED à haut rendement lumineux et gestion automatique de l’éclairage, toiture photovoltaïque de 1 200 m² et autoconsommation. Il se veut également être un écosystème propice à l’apprentissage des bonnes pratiques énergétiques et écologiques, et qui donne lieu à des projets pédagogiques et de recherche sur l’efficacité énergétique.

Il est intéressant de rappeler les intentions visées à l’origine dans le projet de rénovation :

  • Maîtriser les consommations et factures énergétiques  dans un contexte d’autoconsommation à venir (taux d’autoconsommation électrique de 70 % sur l’année).
  • Offrir une haute qualité d’usage :
    • confort au travail,
    • confort thermique,
    • responsabilisation par des automatismes contenus,
    • connaissance des effets de ses interventions,
    • souplesse des aménagements sans affecter performance et confort…
  • Disposer d’un support de formation et d’expérimentation pour les Sciences de l’Ingénieur et les Sciences Humaines et Sociales.

Le parti pris dans cette rénovation fut de faire la part belle à la sociotechnique, avec des équipements laissant une marge de manœuvre aux occupants divers (administratifs, enseignants, étudiants, personnels techniques, visiteurs), un pilotage et des réglages fins grâce à une Gestion Technique du Bâtiment et le recrutement d’un manager de la performance énergétique repéré, permanent et accessible.

La conception et la rénovation du Rizomm ont été menées avec la mobilisation d’un système d’acteurs complexe en amont et au cours des travaux : maître d’ouvrage, maître d’œuvre, vice-Recteur, ingénieur Bâtiment, sociologue, porteurs du point de vue des occupants qui sont divers.

Après une phase d’emménagement difficile puisque tout n’était pas fini, des retours positifs ont été recueillis, notamment le constat de meilleures conditions de travail : chaleur ressentie, luminosité, espace, aménagement et des apports reconnus du manager de la performance énergétique (écoute, pédagogie, explications, échanges). Des améliorations sont néanmoins encore attendues : régulation de la chaleur en été, maîtrise des modes d’emploi, explication des paradoxes entre maîtrise des consommations et extinction tardive des lumières, meilleure compréhension du fonctionnement du bâtiment.

Le Rizomm porte également des visées pédagogiques et de recherche avec l’expérimentation de nudges, une réflexion sur les services innovants futurs, des tests sur la terrasse expérimentale (tiers-lieu animé), des projets en sciences humaines sur les ressorts d’engagement dans le développement durable, le tri, l’environnement… Une thèse en géographie sur les mécanismes d‘adaptation et d’appropriation de ce bâtiment rénové et « intelligent » est entamée. Un projet sur le pilotage énergétique y est aussi développé avec Yncréa Hauts-de-France.

Aujourd’hui, les perspectives tendent à répondre aux attentes de clarification sur le fonctionnement technique du bâtiment et des interfaces proposés, à étendre le dispositif d’animation en direction des personnels puis des étudiants pour favoriser les dynamiques collectives. Il faut aussi actualiser la connaissance des contextes de consommation puisque le bâtiment est pleinement fonctionnel, et poursuivre l’optimisation fine du bâtiment tout en suivant l’impact sur les ressentis et pratiques.

Donc beaucoup de travail en perspective pour modérer les consommations et en tirer des enseignements utiles à l’ensemble du campus…

 

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