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Comment la crise sanitaire, économique et sociale entraînée par le Covid-19 questionne nos relations aux autres et à l’environnement.

Par Benoit BOUREL

 

Les écosystèmes, du plus naturel au plus artificialisé, sont les lieux de toutes les interactions entre espèces vivantes et entre elles et leur habitat. En fonction des espèces et des situations, les individus s’associent, coopèrent et sont en compétition, sont à la fois producteurs, proies et prédateurs, sont parasites ou parasités. Les virus, agents qui infectent les cellules et les organismes pour se répliquer, sont naturellement présents dans tous les écosystèmes.

N’oublions jamais que l’Homme et donc chacun d’entre nous interagissons à chaque instant plus ou moins directement avec les autres espèces et avec le milieu physique que constitue notre planète, modifiant ainsi les conditions de notre environnement.

Selon les spécialistes, les premières épidémies chez l’Homme datent d’il y a environ 10 000 ans, avec la sédentarisation et le développement de l’élevage et de l’agriculture. Les contacts entre les animaux sauvages porteurs de virus et des espèces domestiques proches ont favorisé le passage de plusieurs agents infectieux chez l’Homme.

Depuis plusieurs décennies, les contacts directs entre les espèces sauvages, les animaux domestiques et les hommes se multiplient, augmentant ainsi le risque de transmissions d’une espèce à l’autre.

C’est la transformation des habitats naturels pour les convertir en espaces de production économique qui génère ce phénomène car la fréquence des contacts avec la faune sauvage est ainsi augmentée, alors-même que celle-ci subit une crise inédite de la biodiversité.

D’où cette interpellation, qui n’est d’ailleurs pas du tout une découverte : l’émergence d’une telle crise sanitaire est liée à nos relations avec le vivant. Le risque d’émergence d’un virus tel que le SARS-CoV-2 était bien connu mais l’instant et l’endroit précis où il apparaît, sa nature et ses effets sont complètement imprévisibles.

Certains annoncent haut et fort qu’il faudra relancer la production le plus rapidement possible pour relancer la croissance, en affirmant même que celle-ci doit négliger encore plus qu’avant les impératifs sociaux, écologiques et climatiques, présentés comme des contraintes à la relance. D’autres expliquent que cette crise, par la pause qu’elle génère et par la démonstration que le système économique globalisé peut être suspendu quelques temps, démontrant au passage sa fragilité, est une formidable occasion de réinvention pour redémarrer autrement vers un modèle plus résilient et écologiquement respectueux.

Cette crise nous invite donc à questionner plus que jamais nos modes de production, notre consommation et nos relations avec le reste de notre planète. Nous ne devons pas opposer développement et respect de l’autre et de la planète. Nous devons challenger la croissance et ses fondements, questionner nos relations à notre environnement et trouver un chemin vers de nouveaux modes de vie. Les lieux d’invention, de négociation, d’apprentissages, les quartiers Living Lab tels qu’Humanicité, les territoires pilotes, les entreprises qui réinventent leur modèle économique, sont autant de creusets d’où émergeront des pistes pour un nouveau modèle de développement.

En conclusion, profitons donc de cette pause imposée pour nous demander ce que nous souhaitons pour demain et comment en être acteur. Quelles relations aux autres, quelles relations avec le vivant, avec la Terre ? Espérons que le choix majoritaire se porte sur davantage de solidarité et de coopération.